Dix mois avec sursis et mise à l’épreuve pour des violences conjugales à Raismes

Système judicaireTribunal

À l’audience, le trentenaire semblait toujours particulièrement remonté contre son ex. Alors qu’ils étaient en cours de séparation, ce 29 avril dernier, il est parti pour récupérer l’un de leurs enfants, chez une amie où se trouvait la mère. Là, il l’a poussée pour récupérer le petit. D’après elle, il aurait également proféré des menaces, ce qui lui a fait très peur étant donné qu’il détenait plusieurs armes, non déclarées, à son domicile. « C’était à mon père », a répondu le trentenaire qui assure qu’il avait oublié leur présence, dans la cave, sous cadenas.

Me Zaarour a plaidé la relaxe, arguant que son client avait appris avoir été trompé et que leur fille n’allait plus à l’école. Il voulait donc simplement faire manger et coucher leur fils alors que madame voulait l’en empêcher. Toujours selon l’avocat, il s’est contenté de la repousser sans volonté d’exercer de violences.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en fixant la peine à 10 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve. Le jeune homme devra en outre suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales et indemniser sa victime pour un total de 1150 euros.

Emprisonnement avec sursis : définition

C’est une peine d’emprisonnement où le contrevenant n’a pas à effectuer seulement s’il commet une autre infraction dans un délai de 5 ans. En effet, quand il est condamné à une peine de prison avec sursis, il ne sera pas incarcéré. 

emprisonnement avec sursis


Le principe de la peine avec sursis a été intégré dans le droit pénal français sur 3 étapes :

  • La loi du 26 mars 1891 : elle est aussi appelée la loi Bérenger et concerne le sursis simple ;
  • La loi de 1958 : une variante de la peine avec sursis a été introduite. Il s’agit du sursis avec mise à l’épreuve (appelé récemment le sursis probatoire) ;
  • La loi de 1983 : elle a introduit le sursis assorti d’un travail d’intérêt général (TIG).

=> On distingue alors 3 types d’emprisonnement avec sursis.

Les types d’emprisonnement avec sursis

1. Le sursis simple

Le contrevenant n’est pas soumis à une mesure de probation ou à un travail d’intérêt général. La condition principale de ce type de peines est de ne pas être condamné suite à une autre infraction pendant un délai de 5 ans.

2. Le sursis probatoire

Le sursis probatoire, appelé jusqu’à 2019 sursis avec mise à  l’épreuve, est une peine qui peut également être assortie de certaines contraintes. 

En effet, en plus de respecter les obligations principales de la peine d’emprisonnement avec sursis, le condamné doit aussi se soumettre à d’autres obligations relatives aux faits reprochés. 

3- Le sursis assorti d’une peine de travail d’intérêt général

Cette peine oblige le contrevenant à travailler pour le compte d’une personne morale habilitée comme une personne morale de droit public, une association, etc. Par ailleurs, l’assentiment du contrevenant est nécessaire pour pouvoir appliquer ce sursis. 

PS : Cette peine est exécutée par le service pénitentiaire d’insertion et de probation.

Peine d’emprisonnement avec sursis : les conditions

La décision d’une peine d’emprisonnement avec sursis ne peut s’appliquer que dans les cas suivants :

  • La peine d’emprisonnement dure moins de deux ans ;
  • Le contrevenant ne doit pas être considéré comme coupable d’une infraction criminelle dont la punition est une peine minimale d’emprisonnement ;
  • Il ne doit pas être considéré comme coupable de ces infractions : un préjudice personnel grave, un acte de terrorisme ou une infraction qui a été commise par une organisation criminelle punissable par le biais d’une mise en accusation impliquant une peine d’emprisonnement maximale de dix ans ou plus ;
  • Le juge doit être convaincu que le contrevenant ne représente pas une menace pour la sécurité publique ;
  • Il doit aussi être convaincu que cela est conforme aux principes de détermination de la peine définis dans le Code criminel.

Peine d’emprisonnement avec sursis : comment s’applique-t-elle ?

Les restrictions s’apparentant à une peine d’emprisonnement avec sursis.

Le contrevenant doit rester chez lui sauf pour :

  • Travailler ;
  • Suivre des cours ;
  • Assister à des services religieux ;
  • Aller à des rendez-vous médicaux ;
  • Sortir pour des situations d’urgence.

Remarque : ces restrictions dépendent du type de sursis : sursis simple, sursis probatoire, sursis avec mise à l’épreuve, etc.

Généralement, une ordonnance de probation peut faire suite à une décision de peine d’emprisonnement avec sursis.

D’autre part, un superviseur (appelé agent de probation) de peine d’emprisonnement avec sursis doit superviser l’exécution.

Quand le contrevenant ne respecte pas une ou plusieurs restrictions pendant la période de sursis, il sera interpellé à une audience qui sera fixée devant le juge. Si la raison ne se trouve pas valable, ce dernier peut prendre la décision d’une peine en prison.

N’hésitez pas à faire appel à Maître Zaarour, avocat en droit de la famille, avocat en droit du travail et avocat en droit pénal à Valenciennes.